Dans le poker de la sortie du nucléaire, notre lutte est le joker !
| Selon les
résultats actuels des sondages, 75 % des Allemand-e-s souhaitent la sortie de
lénergie nucléaire. Cette voix de la société a constitué un facteur décisif
pour le changement de gouvernement rouge et vert, finalement les deux partis ont courtisé
les électeurs et électrices avec les promesses de sortie du nucléaire. Mais quand il
sagit de coucher sur le papier concrètement quand arrêter les centrales, il
nest rien écrit dans le contrat de coalition. Au lieu dimposer
lintérêt général grâce au levier du pouvoir politique, on fixe des soi-disant
discussions du consensus avec les industriels du nucléaire doù le public est
exclu.
Alors que le spectre coloré du mouvement antinucléaire, qui exigeait devant les portes de la Chancellerie la sortie immédiate du nucléaire (3 gardes à vue), ne pouvait passer inaperçu le jour où débutaient à Bonn le 26 janvier les négociations secrètes, le chancelier Schröder, le ministre de léconomie Müller (ex dirigeant du nucléaire), tous deux SPD et le ministre Vert de lenvironnement offraient des concessions aux boss du nucléaire. Létat actuel [des discussions] est entre autres : pas darrêt du retraitement, contrairement à ce qui avait été envisagé pour lan 2000, mais à la place un cadre négocié pour chaque centrale nucléaire. Ceci pourrait durer daprès ce qui filtre jusquà une date limite de... 2019 ! La population doit non seulement subir le danger des centrales en activité et, plus spécialement en France et en Angleterre, elle doit vivre de surcroît avec le problème des montagnes de déchets nucléaires, problème dautant plus aigu que ces montagnes croissent. Alors que la sortie du nucléaire peut être obtenue entre autres dun point de vue juridique du fait des manques de preuve de gestion propre des déchets pourtant indispensables selon la loi nucléaire ! La modification de la loi nucléaire, initialement prévue pour janvier a été pour le moment reportée au 3 mars et pourrait dici-là contenir plus déchantillons de démonstration du ragoût nucléaire rouge et vert. Hélas les media prennent hélas peu pour connaissance le fait que nous ne nous buvons pas simplement les belles paroles des shows politiques et que nous nous regardons dun il soupçonneux les petits bonbons quon nous jette en pâture. Certains de ces bonbons une fois déballés se révèlent être des placebos : ainsi les subventions à lénergie nucléaire doivent être rayées de la loi nucléaire, la réalité est cependant que de toute façon la dernière commande de centrale nucléaire date de 20 ans et que pour des raisons économiques, aucune ne sera construite dans les 20 ans à venir. Ou larrêt du centre denfouissement décrépi de Morsleben. Pour cela, on na vraiment pas besoin dune volonté politique méritant des tonnerres dapplaudissement depuis que le Tribunal Administratif a imposé un arrêt de lenfouissement. Quant au projet de centre denfouissement de Gorleben qui se chiffre en milliards, il doit faire lobjet dun moratoire jusquà la fin de lannée. Bien que du fait de linadéquation du site - connue depuis longtemps - et que les plans dexploitations arrivent à échéance à la fin de lannée, ce ne serait pas les trois-huit au fond de la mine. En plus la coalition gouvernementale poursuit son cap visant lattaque frontale du mouvement antinucléaire : malgré le scandale de la contamination des châteaux de déchets radioactifs et les plaintes non encore abouties des cheminots, du syndicat de la police et de lassociation de protection de lenvironnement de Lüchow-Dannenberg (NDT : BI Umweltschutz Lüchow-Dannenberg, association à la pointe de la lutte pour Gorleben) par exemple déposées contre les exploitants, le Ministère de lEnvironnement et lautorité de surveillance du nucléaire, de nouveaux transports nucléaires sont annoncés. Mais larrêt des transports conclu en mai dernier entre le Ministère de lEnvironnement et lindustrie nucléaire tient toujours ! Cet arrêt ne concerne pas seulement les transports au sein de lAllemagne mais aussi ceux de et vers La Hague et Sellafield. Ce sont justement ces transports de et vers les usines de retraitement qui suscitent dans le mouvement antinucléaire international des réactions explosives. Alors que les années passées notre opposition sur les voies ferrées aux transports vers létranger ont été extrêmement importantes pour les groupes français et anglais, ceci semble être le contraire, cest du moins ce qui ressort des media, quand il sagit de notre opposition aux transports retour. Il faudrait jouer La Hague, Sellafield et Gorleben les uns contre les autres. Cette fois-ci cest « nous, les Allemands » qui avons besoin durgence dune aide internationale ! Dans les media tout ce passe comme si nous voulions bêtement laisser les déchets nucléaires dans les autres pays. Ce miroir déformé ne correspond pas à la réalité ! Bien sûr nous sommes pour le retour des déchets nucléaires allemands aux producteurs ! Mais où ? En Allemagne, comme partout ailleurs dans le monde, il nexiste pas de concept de gestion des déchets qui soit approprié. Lentrepôt de combustibles usés de Gorleben est devenu, suite à notre lutte, très controversé. Une large part de la population sait quune « gestion » des déchets dans cet entrepôt ne sert quà poursuivre lexploitation des centrales nucléaires [NDT : pour pouvoir faire tourner leurs centrales, les exploitants doivent prouver quils gèreront leurs déchets correctement dans les 6 ans à venir]. On continuera de sy opposer massivement à lavenir. Nous voulons prochainement renforcer les contacts internationaux, entre autres par le biais de circuits de conférences vers Sellafield et La Hague. Nous devons discuter par exemple pour savoir si les déchets peuvent retourner aux centrales expéditrices en tenant compte des problèmes techniques, ce qui peut prendre du temps. Nous continuons à nous battre encore et toujours pour une sortie immédiate du nucléaire et un scénario de changement de politique énergétique qui peut limiter les émissions polluantes, être économiquement rentable et garantir des emplois nouveaux et nombreux. Francis Althoff, Bürger Initiative Lüchow-Dannenberg Traduit de lAllemand par Jean-Yvon Landrac |
Bearbeitet am: 12.02.1999/ad